Travailler l'argile "c'est naturel"

La céramique nous attire souvent parce que « c’est naturel » et que nous avons un urgent besoin de nous reconnecter à des choses simples, à la terre, à la nature. Une grande constante est que le travail de la terre agit comme un aimant pour les personnes sensibles à l’environnement – et souvent sensibles tout simplement.

Alors nous apprenons à travailler l’argile – souvent par modelage ou tournage - parfois dans un atelier et parfois seul, à l’aide de tutos. Quel que soit le mode de façonnage, ce travail avec la terre nous relie à la nature, nous apaise et nous remplit de bonheur.

Ensuite vient le moment où se pose la question de la cuisson et de l’émaillage. Et qui s’interroge sur ce qui se passe durant une cuisson ?

L'amnésie de la première visite chez un fournisseur

Alors on se rend chez un fournisseur pour céramistes, et là on se trouve subitement frappé d’amnésie, et on ne se demande plus du tout si c’est naturel… ou pas !

Les réflexes de consommateur auxquels nous avons été bien formatés remontent illico à la surface : nous nous retrouvons comme un enfant dans un magasin de jouets et nous voulons tout acheter. C’est quoi cette matière première qui a un si joli nom ? et cette poudre-là dans ce sachet ?... et on rentre à la maison, la voiture bien chargée.

En quelques minutes, la préoccupation de travailler « le plus naturel possible » est oubliée – aussi parce que la plupart d’entre nous ne sont pas chimistes ni ingénieurs, et nous ne nous posons même pas la question de savoir ce que sont toutes ces poudres, d’où elles sortent, ou comment elles ont été raffinées (eh oui, les métaux doivent être raffinés, ils ne sortent pas tels quels des roches et c’est le monde industriel qui s’occupe de la concentration et de l’affinage des métaux (voir la formation "Sécurité et éco-responsabilité").  

Quand les questions arrivent...

Accident de cuisson dans un four céramique

Et puis les questions - ou parfois les photos de désastres - arrivent par la suite – souvent sur des forums.

Pourquoi mes pièces ont explosé à la cuisson ? Pourquoi ça ne sent pas bon pendant les cuissons ? Pourquoi mes plaques sont pleines d’émail ? Pourquoi l’émail ne ressemble pas à ce que j’attendais… ou comme sur la photo jointe, pourquoi tout a fondu dans mon four ?

 

En résumé parce que « faire de la céramique » n’est pas « faire de la cuisine ». Et nos matières premières ne doivent pas être comparées à « de la farine et du beurre » : il s’agit de poudres de roches et de métaux pulvérisés en poudres ultra-fines.

Et ne pas connaître leur comportement expose à des accidents bien réels et malheureusement assez fréquents. 

Qui êtes-vous et quels sont vos objectifs ?

Si vous êtes comme moi, sensible à l’environnement et attentif à votre alimentation, vous n’avez aucune envie de soumettre votre organisme à des toxiques.

Alors vos objectifs sont probablement :

  • d’avoir une vision complète des risques dans un atelier afin de les minimiser ou les éradiquer
  • de connaître les matières premières afin de les choisir en connaissance de cause pour minimiser l’impact de votre activité céramique et pour protéger votre santé
  • d’utiliser vous-même vos créations à usage alimentaire donc vous voulez composer des surfaces qui ne relarguent pas d’éléments toxiques dans la nourriture
  • de connaître la réglementation qui protège les utilisateurs de vos pièces afin de vous mettre en conformité – à la fois en cas de contrôle mais aussi parce que vous êtes quelqu’un qui a une éthique et ne veut empoisonner personne à petit feu, qu’il s’agisse de vos amis à qui vous offrez vos pièces ou de vos clients
  • de comprendre la nature de vos déchets d’atelier afin de les traiter correctement

Quelle solution ?

Consacrer quelques heures à apprendre pour comprendre vous permettra d’atteindre ces objectifs. C’est difficile à faire tout seul car notre discipline « céramique » est complexe : elle se trouve au cœur de la géologie, de la chimie, de la physique, elle combine des aspects environnementaux, éthiques, voire géo-politiques.

En vous formant vous apprendrez que vous avez un vrai pouvoir sur l’environnement, par des choix concrets de matières premières. Que vous avez  le choix de rendre votre lieu de travail le plus sain possible, donc une capacité d’agir sur votre santé. Et même que vous avez un certain pouvoir sur les fournisseurs en choisissant ceux qui facilitent l'accès aux fiches techniques et aux fiches de sécurité et qui fournissent les matières premières avec un étiquetage conforme.

Voyez aussi un précédent article de blog sur le sujet : « Et si apprendre la poterie devenait une passion ».

 

Et vous trouverez la liste des articles déjà parus en page d’accueil de mon site : il suffit de cliquer sur le titre pour y accéder. 

_______________________________

Qui suis-je ? Joëlle Swanet, Professeure de Technologie céramique.
"Expliquer des phénomènes complexes dans un langage accessible à tous est un métier que j'adore".

 

Copyright : le contenu de ce blog est accessible librement, toutefois il n'est pas autorisé de le reproduire ou l'utiliser sans autorisation écrite et en mentionnant le nom de l'auteur.

Joëlle Swanet

Professeur de technologie de la céramique 

joelle.swanet@gmail.com

1315 Glimes (Belgique)

83690 Villecroze (France)

Restons en contact !

Inscrivez-vous pour être prioritairement informé de la parution de nouveaux articles et des formations proposées. Un livre blanc sur les bonnes pratiques en atelier vous sera envoyé en cadeau.