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En public ou lorsque j’enseigne, je montre une facette rayonnante, mais comme chacun j’ai aussi une part plus cachée, que la terre m’aide à exprimer.
Toutes mes sculptures en céramique naissent sur le tour de potier, mon langage premier. Elles sont l’espace où je dépose mes émotions profondes, mais aussi ma quête d’un dépouillement volontaire, nourri de la céramique d’Extrême-Asie.
Au fil des années, mes formes ont évolué avec mes questionnements. Les pièces à double paroi furent la première étape. Dans un corps que la société juge “parfait”, je voulais montrer que l’essentiel se joue sous la surface. Les formes extérieures, parfois féminines, parfois androgynes, cachaient un intérieur tout autre.
Puis la forme extérieure a changé. D’abord couchée, puis déformée, elle traduisait la transformation d’un corps de plus en plus “imparfait” selon les canons de beauté contemporains. En parallèle les intérieurs évoluaient aussi, vers davantage de sérénité. L’idée de coucher la forme s’est imposée comme une évidence après un tremblement de terre au Japon, en 2008. Au plan symbolique cela revient à accepter de regarder sa vie intérieure en face, étape indispensable pour évoluer.
Plus tard, j’ai comprimé ces volumes pour évoquer la socialisation et ses contraintes – inévitables, mais indispensables au fonctionnement collectif. Mon travail s’est alors déplacé de l’intime vers les questions sociales. Plus jeune, des lectures comme Brave New World, ou 1984 m’ont profondément marquée. Ensuite, mes expériences en Asie m’ont confrontée à d’autres formes de conditionnement, m’invitant à réfléchir à la condition humaine dans des contextes sociaux et géopolitiques plus larges. Cette évolution est née en Corée, en 2013.
Puisque le conditionnement est inévitable, logiquement, je me suis demandé où était ma liberté ? J’ai conclu qu’au plan individuel, ma seule liberté réside dans la façon dont je choisis de regarder les choses et les êtres : on peut apprendre à voir de plusieurs façons différentes. La plupart de mes sculptures peuvent être posées de différentes façons, convoquant l’imaginaire différemment. Cette plasticité cérébrale est un vrai facteur d’évolution. Mais collectivement, ce changement de regard me paraît impuissant face aux défis auxquels le monde est confronté.
J’ai alors repris des pièces à double paroi et j’ai volontairement brisé certaines, les aspergeant d’émaux noirs et rouges pour évoquer la violence et les conflits contemporains. Mes sculptures en céramique traduisent ainsi mes questionnements. Entre le climat qui se dérègle, les famines et les guerres, l’image du Cri de Munch me hante depuis plusieurs mois. Des photos suivront prochainement.
Certaines photos sont de moi, mais les meilleures ont été réalisées par Phil Carly, D. Marly et Charlie Wings.
Mon travail a été présenté e.a. dans l’interview de John Hopper dans Inspirational, numéro 33 (décembre 2019), ou lors de la Biennale Amour Vivant sur le design soutenable, Paris 2023. Etre membre de l’Association Internationale de Céramique me relie à des céramistes du monde entier. Voyez mon CV détaillé pour connaître la liste de mes expositions passées et futures.